Le
plus grand risque
par Steve Lauzon
Le dimanche 8 octobre 2006.
Ça cest une journée que je noublierai
pas de sitôt! Plus de 13 ans après une
blessure au dos qui mavait forcé à
accrocher mes patins, jai joué pour la
première fois une joute organisée de hockey
sur glace.
Retournons en arrière.
Le 31 mars 1993, soit le jour de mes 18 ans, je jouais
la dernière partie de la finale des séries
éliminatoires. Il ne restait plus que 5 minutes
à écouler et nous menions par 3 buts.
Jétais tellement excité dêtre
à quelques minutes seulement de la fin de ma
carrière de hockeyeur comme membre dune
équipe championne. Je ne pouvais demander mieux.
Le coach me tape sur lépaule
pour mindiquer que cest à mon tour
de sauter sur la patinoire. Le jeu se déroule
et soudain je me retrouve en échappée,
seul devant le gardien de but. Je lance et le gardien
arrête mon lancer. En voulant faire demi-tour
pour reprendre ma position, un des joueurs adverses
me fait un vicieux double-échec au bas du dos
qui me propulse la tête la première dans
la bande.
Durant la majeure partie
de cette saison, javais joué avec une lancinante
blessure au dos. Mais chaque fois, je réussissais
à me relever dun coup subi. Cette fois-ci,
je nétais pas en mesure de le faire. Jétais
allongé sur la glace, incapable de bouger. Et
moi qui mimaginais quitter une dernière
fois la patinoire en tenant le trophée au bout
de mes bras, cest sur une civière que je
suis sorti de laréna en direction de lhôpital.
Je ne sens plus mes jambes
! Je ne sens plus mes jambes ! Je pose alors la question
à lambulancier qui maccompagnait.
Monsieur, suis-je paralysé
?
Je ne sais pas mon grand, je ne sais pas.
Les larmes se mirent à couler le long de mes
joues.
Bref, après une
série de tests et une nuit à lhôpital,
tout sest bien terminé. Dieu merci, je
nétais pas paralysé ! Je men
suis tiré avec une dislocation de lépaule
droite et une sévère entorse lombaire.
À ce moment, il
ne faisait aucun doute que le hockey était terminé
pour moi. Ce fut une décision difficile à
prendre, puisque même si je savais que je nallais
pas faire carrière dans le hockey professionnel,
cest un sport que jadorais pratiquer.
Les années passèrent
et, au début, le hockey ne me manquait pas. Mais
après un certain temps, jai commencé
à y repenser sans vraiment aller plus loin. Depuis
quelques années, jai adopté le sport
du hockey balle, et jai la chance de faire partie
dune équipe avec mes amis les plus précieux.
Javoue que je néchangerais cela pour
rien au monde. Mais à chacun des automnes, lorsque
le hockey sur glace recommençait, je mennuyais
de plus en plus de ce sport que jadorais tant
pratiquer durant mon adolescence.
Au cours du dernier été, un autre de mes
bons amis me demande si jétais intéressé
à remplacer un joueur absent pour jouer une partie
amicale de hockey sur glace.
Quoi ? Du hockey sur glace
? On est en plein milieu de lété
!
Oui, du hockey sur glace en plein milieu de lété
!
Mais jai une blessure au dos. Cest trop
dangereux !
Steve, tu as subi ta blessure à 18 ans. Jose
espérer quelle a guéri et en plus,
il ny a pas de contact autorisé dans notre
ligue.
Euh
OK, mais il me manque de léquipement.
Ce nest pas grave, je vais te prêter ce
que tu nas pas.
Mais tu ne comprends pas, jai seulement mes patins.
Ok, donc on se grouille puisquon joue dans 2 heures.
On fait demi-tour vers le magasin de sport du coin ?
Ça te tente ?
15 minutes pour mhabiller de la tête aux
pieds. 15 minutes et je venais dinvestir 400 $
dans de léquipement de hockey. Jétais
comme un enfant à qui lon donne un cadeau
quil désirait tant.
Jai finalement joué
ce soir-là. Il ny avait pas darbitres,
pas darrêt de jeu, en fait, cétait
purement pour le plaisir de jouer et de se dégourdir
les jambes. Jétais rouillé, mais
comme jai eu du plaisir.
Bref, dimanche dernier,
cétait la première partie officielle
de la saison. Chris, mon ami, ma invité
à faire partie de son équipe et, évidemment,
je ne me suis pas fait prier pour accepter. Je faisais
à nouveau partie dune équipe ! Cest
drôle, mais je ne pensais pas que même lodeur
de la chambre des joueurs était quelque chose
qui mavait terriblement manqué.
Est-ce quil y a des
risques que je me blesse à nouveau au bas du
dos durant la pratique de cette passion qui est réapparue
? Certainement, il ny a aucun doute. Mais est-ce
quil y a des chances que rien narrive et
que je puisse jouer au hockey pendant les 20 prochaines
années ? Certainement, il ny a aucun doute.
Pendant plusieurs années,
surtout durant les 5 dernières, je me suis privé
de jouir de ma passion puisque javais peur de
prendre le risque de me blesser à nouveau. Limage
mentale que jai de lambulancier qui me dit
quil ne sait pas si je suis paralysé me
hante beaucoup. Mais jai compris quune personne
qui ose prendre un risque, qui ose agir vers la réalisation
de ses rêves, transforme ce risque en une occasion.
Vous savez, lorsque nous
serons à nos derniers jours sur cette terre,
ce ne sont pas les risques que nous aurons pris que
nous regretterons, mais bien ceux que nous naurons
pas eu le courage de prendre. Le plus grand risque
dans la vie est de ne pas en prendre du tout.
Cette simple décision
daccepter de faire partie de léquipe
a renouvelé lénergie que je possède.
Je sens que je suis une personne plus comblée
qui a réussi à remplir un vide intérieur.
Ça ma non seulement inspiré cet
article, ça ma également incité
à réaliser plein dautres choses
dans toutes les autres sphères de ma vie. Cest
le pouvoir extraordinaire dune passion éclose
!
Et vous ? Avez-vous une
passion cachée dans votre for intérieur
qui nattend que le signal pour éclore ?
Oui ? Osez prendre le risque ! Agissez maintenant !
Bon mois à tous
et merci de faire circuler ce texte !
Steve Lauzon
Le rêveur urbain
Steve Lauzon stimule et
inspire les jeunes et les moins jeunes à découvrir
et exploiter le potentiel extraordinaire à leur
disposition. Il peut être joint au (819) 986-5204
ou steve@osezlextraordinaire.com.
Pour plus d'informations sur les conférences
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